#LeanInTogether, le programme de la NBA pour l'égalité des sexes

Une campagne de sensibilisation à l'importance de l'égalité homme-femme est actuellement menée par les stars de la NBA et de la WNBA.

La NBA a toujours eu pour tradition d'accompagner les grands mouvements sociaux concernant l'égalité entre êtres humains, et cela remonte aux années 50. Sa première cause majeure a été de faire accepter des joueurs Afro-Américains en son sein: dès 1950, Earl Lloyd devenait le premier joueur noir de la fédération. Il évoluait aux Washington Bullets. Dès lors, suivant le même chemin, de nombreux joueurs d'origine Africaine furent éligibles à la draft. En 1963, les Boston Celtics devinrent la première équipe à avoir un 5 majeur entièrement composé de basketteurs noirs.

 

Dans une ère de ségrégation raciale, ceux-ci n'étaient jamais vraiment les bienvenus. Des quotas non-officiels furent instaurés dans certaines équipes. Dans certaines régions comme le Minnesota, il était réellement difficile de faire signer un contrat à un joueur de couleur, compte tenu de la mentalité qui régnait. Des cris de singes, ou des insultes fusaient régulièrement des tribunes. De la part des supporters adverses, mais aussi de leur propre équipe, qui n'acceptaient pas que leurs résultats dépendent de joueurs "sales". L'apport de la NBA ne fut pas majeur, mais il contribua à banaliser la cohabitation des noirs et des blancs. Chose qui semble triviale, mais peu évidente pour l'époque. Le sport joua ainsi son rôle de vecteur d'intégration sociale, et cela en fut le premier exemple dans le basket américain. 

 

A cette époque, la NBA se développe rapidement et se rend compte de l'influence qu'elle peut avoir sur la société. La surpuissante fédération mettra notamment en oeuvre d'importants moyens de communication afin de mieux connaître le SIDA en 1991, après l'annonce de la séropositivité de Magic Johnson, le meneur star des Los Angeles Lakers. Cette maladie, fléau de l'époque, était encore mal connue et mal prévenue. Cet épisode malheureux permettra au plus grand nombre de lever les croyances et les fausses idées à propos du VIH au-delà des tabous sexuels de l'époque. Preuve encore que la ligue est l'une des plus progressistes du sport américain. Comme le confirme Steve Nash, deux fois MVP:

 

On peut toujours en faire plus, mais je pense que la NBA a toujours été un leader dans le domaine des droits de l'homme, et nous avons aujourd'hui une ligue très accueillante et tolérante. Du côté des fans, les mentalités ont également suivi.

 

Aujourd'hui, la NBA prend fait et cause pour les femmes, plus précisément pour l'égalité/équité entre hommes et femmes. Notamment par la campagne #LeanInTogether. Elle fut créée le 3 mars de l'an dernier, et relayée par la NBA et WNBA. Mais aussi par de nombreuses entreprises puissantes telles qu'ESPN, Twitter, Yahoo, en faisant de fait un mouvement global. Les All-Stars Skylar Diggins, Sue Bird, Elena Delle Donne d'un côté, et Dwyane Wade, Draymond Green, Chris Bosh et Gordon Hayward de l'autre font partie des militants les plus actifs de ce mouvement.

 

Leur slogan fait sens: "Quand les hommes s'impliquent pour l'égalité, ils y gagnent - et tout le monde y gagne." Cette organisation se situe dans la lignée du mouvement #HeForShe, dont la plus fameuse ambassadrice n'est autre qu'Emma Watson. Le message se destine plutôt aux hommes, et a une portée universelle : il propose aux hommes les outils pour mieux partager, et de manière équitable, les responsabilités: au sein du foyer mais aussi au travail. L'évolution des mentalités est un processus qui prend du temps, et cela prendra sûrement une génération pour constater les bienfaits de cette initiative. L'intérêt de celle-ci, c'est surtout qu'elle permet de toucher un maximum de monde : le site internet comporte de nombreuses "astuces" et conseils de vie, ainsi que des solutions pour mieux vivre ensemble sous forme de petites phrases. En plus de chiffres et des études qui montrent, et font prendre conscience aux hommes de l'importance de s'engager. Cela permet d'une certaine manière de mesurer le sexisme latent, devenu tellement banal qu'il est bien difficile de se rendre compte de l'étendue du problème. La communication est virale et se présente sous la forme de petits films d'une trentaine de secondes, ce qui accroît la visibilité du phénomène. Exemple avec Gordon Hayward, l'excellent ailier du Utah Jazz: 

 

 

Les San Antonio Spurs et les Sacramento Kings possèdent une femme parmi leurs staffs, en tant qu'assistantes techniques. La pionnière fut Becky Hammon, il y a deux ans. En l'absence du coach texan Gregg Popovich, elle a également eu le privilège de diriger un match de Summer League. La division de l'arbitrage a été la première parmi celle des quatre grands sports américains à accepter qu'une femme prenne le sifflet à plein temps avec Violet Davis en 1997. Aujourd'hui, on peut notamment citer Lauren Holtkamp qui officie régulièrement sur les parquets (et ce même si elle a été reconnue comme l'une des pires arbitres actuels). La NBA se targue de l'importance de son travail, comme le déclare Stephen Pagliuca, propriétaire des Boston Celtics: 

 

"Le sentiment général à travers la ligue, c'est que nous voulons être neutres au sexe, à l'orientation sexuelle ou à la race; simplement une méritocratie."

 

D'après le vétéran Jerome Williams, 14 ans passés dans la ligue, il est primordial d'avoir plus de femmes intégrées dans le milieu, mais la question de la compétence doit d'abord se poser. 

 

En sport, ce que vous devez comprendre, c'est qu'il est difficile d'atteindre et de toucher les joueurs. Peu importe avec qui les joueurs se sentent le mieux, que ce soit un homme ou une femme, on s'en fiche. Tout ce qui compte, c'est leurs réactions. Le sexe ne doit pas faire de différence. Mais effectivement, si vous proposez des postes à des femmes, ou si vous leur montrez que ces postes sont accessibles, plus de femmes postuleront et seront compétentes.

 

Aujourd'hui, les femmes sont sous-représentées en NBA, et la ligue est consciente de l'importance de faire mieux dans ce domaine. L'association cherche désormais à créer les passerelles et les structures nécessaires à la formation d'exécutifs du sexe féminin. Le sport est généralement un milieu masculin mais cela n'est pas censé dissuader les femmes d'y entrer, bien au contraire, parce qu'elles ont des idées différentes à proposer. L'initiative est à saluer puisqu'elle a atteint une visibilité, une popularité extrême. Quand la candidate aux primaires démocrates relaie votre campagne, c'est généralement plutôt bon signe. A la fois pour la NBA, qui peut s'attaquer à un nouveau marché de spectateurs, mais aussi pour la société américaine. Une affaire gagnant-gagnant, en somme. 

 

Avec NBA Cares, la fondation de charité, ou les interventions des joueurs dans les écoles pour promouvoir l'éducation, le basket prend une place de plus en plus importante en Amérique. La globalisation de ce sport renforce le devoir d'exemplarité de tous, dans le soutien des grandes causes du monde.  En conclusion, on pourrait s'attendre à ce que la NBA prenne la main en ce qui concerne la lutte contre l'homophobie, après la tempête qui a suivi l'annonce de l'homosexualité de Jason Collins. Le joueur était en effet le premier basketteur en activité à avoir fait son coming-out...

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