Ces promesses prêtes à prendre le pouvoir

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L'augmentation des droits TV ainsi que la hausse des salaires ont provoqué une free-agency exaltante pour tous les acteurs de la grande ligue. Le moment idéal pour des jeunes joueurs de se voir récompenser pour le travail fourni depuis plusieurs saisons. Recensement, non exhaustif, de ces jeunes talents qui ont vu leur statut et leurs responsabilités s'accroître.

Après trois saisons de NBA dans les jambes, voire plus Bradley Beal, Evan Fournier, Dennis Schröder et Victor Oladipo sont à un moment charnière de leurs carrières. Désormais aguerri au rythme infernal des saisons régulières, leur adaptation au monde NBA est chose faite. Par des choix logiques et/ou forts, leur franchise respectives ont montré la confiance qu'elles avaient envers leurs joueurs. Une progression logique pour ces quatre talents qui doivent, à présent, confirmer tous les espoirs placés en eux.

 

  • Bradley Beal

 

Bradley Beal est un vrai talent à l'état pur, membre du premier cinq rookie en 2013. L'ancien joueur des Gators de Florida déclarait, à qui voulait l'entendre, son envie de rempiler au Washington Wizards à condition d'avoir une offre à plusieurs zéros. C'est désormais chose faite avec la signature d'un contrat maximum sur 5 ans. Il devient le joueur le mieux payé de la franchise, devant John Wall, le franchise player.

 

Le risque est grand si l'on regarde le bilan de santé de l'ancien MVP du championnant du monde U17 avec Team USA. Touché par des blessures à répétition, aux jambes, à l'épaule, au visage ou bien encore au bassin. Le joueur de la capitale fédérale a déjà manqué 75 matchs en 4 saisons régulières. Seulement le talent de Beal est incontestable. Gros shooteur, bon QI basket, Bradley Beal était le second marqueur de Washington la saison dernière avec 17 points de moyenne en sortie de banc. Si il est en forme l'arrière peut rivaliser avec les meilleurs joueurs à son poste que ce soit James Harden ou DeMar DeRozan. En 21 matchs de playoffs, Beal c'est 21 points, 5 rebonds et 4 passes. 

 

Lui et John Wall peuvent former l'un des meilleurs backcourt de la ligue. Malheureusement l'entente entre les deux coéquipiers des lignes arrières n'est pas merveilleuse. Les récentes déclarations de John Wall sur leurs relations sont sans appels. Selon le meneur All-Star, les deux acolytes ont "une tendance à ne pas s'apprécier sur le parquet". Ambiance. Maintenant que Bradley Beal détient son nouveau contrat "il doit jouer et progresser dans son jeu". L'arrière doit accepter son rôle de seconde arme offensive (pour le moment) et laisser son égo de côté. Cette concurrence peut pousser les deux joueurs à devenir encore plus compétitif. En tout cas le nouveau coach Scott Brooks n'est pas inquiet. Selon ce dernier ce n'est pas un problème, il voit les deux joueurs "compétitifs qui cherchent à développer leurs positions dans la ligue". "Tout ne sera pas tout rose mais le respect doit être là". Cela prouve que l'équipe cherche à profiter du talent de cette association explosive.

 

La réussite de la franchise dépendera des bonnes performances de Bradley Beal et au final Washington ira aussi loin que son duo peut l'amener.

 

  • Dennis Schröder

 

Le meneur allemand est un diamant à polir, doté d'un gros potentiel. Après 3 saisons en NBA Dennis a grandi rapidement en sortie de banc et pouvait légitimant être candidat à une place dans le cinq majeur, en lieu et place de Jeff Teague. Meilleur sixième homme de son équipe la saison dernière, Schröder compilait 11 points, 4,4 passes décisives et 2,6 rebonds par match. La concurrence était forte entre les deux joueurs et les Hawks ont tranché. La mauvaise saison de Teague et le fait que Schröder fut le meilleur marqueur en playoffs ont fini de convaincre la franchise de Georgie. Laquelle a préféré miser sur le culot et l'audace allemande.

 

Cette place de starter est légitime et n'est qu'une étape dans son développement. Malgré son jeune âge (22 ans), Dennis a déjà connu des situations clefs et des fins possessions irrespirables. Sa confiance en soi ainsi que des cojones plus grosses que la moyenne lui ont permis de progresser rapidement.

 

Cependant il lui reste des zones à travailler. Son jeu à haut risque lui fait perdre plus de deux ballons par match et son adresse à trois points est aussi suspecte. Seulement 32 % de réussite derrière l'arc pendant que Teague tournait à 40 % de moyenne.

 

L'un des gros points d'interrogation sur Dennis Schröder, pour la saison prochaine, est sa capacité de leadership. Le néo meneur titulaire doit réduire ses sautes de concentration et devenir plus mature sur et en dehors du parquet afin de devenir le vrai leader espéré par coach Budenholzer.

 

En conclusion si Dennis Schröder continue son développement, il pourrait être le meilleur joueur des Hawks dans les saisons à venir et devenir All-Star. C'est ça la qualité allemande.

 

  • Evan Fournier

 

Evan Fournier a vécu un été mitigé. Non retenu pour participer au JO avec l'équipe de France, l'ancien joueur poitevin avait la "haine" de cette non sélection. Il pourra néanmoins se consoler avec son nouveau contrat de 85 millions de dollars sur 5 ans, qui fait de lui le joueur le mieux payé des Magic.

 

Révélation d'Orlando la saison dernière, Evan a passé un cap. Première arme offensive du Magic, joueur le plus constant, il fut également le meilleur joueur français en NBA avec ses 15 points, 2,8 rebonds et 2,7 passes par match. Sa réussite aux tirs (46,2 % de réussite dont 40 % à trois points et 83 % aux lancers), fait de lui l'un des neufs joueurs à shooter à plus de 45-40-80 de réussite cette saison. Un classement composé de Stephen Curry, Kahwi Leonard et Klay Thompson selon Basket-ball Reference.

 

Fournier est le seul joueur de son équipe capable d'étirer le jeu. Cette efficacité associée au départ d'Oladipo au Thunder, accroît ses responsabilités offensives. Libéré de cette concurrence, Evan devient le leader en attaque de la franchise, le futur go-to-guy.

 

De plus, le jeune français s'est posé comme challenge de devenir un vrai « leader vocal » dans le vestiaire, même si l'anglais n'est pas sa langue maternelle. Les arrivées de Serge Ibaka, Bismack Biyombo agrandissent le cercle des joueurs parlant français. Ce qui pourra rassurer Evan.

 

Pour continuer de progresser, Evan n'oublie pas de travailler. Cet été, le français a passé du temps à la salle de musculation afin de combler le déficit physique face à ses adversaires. 

 

Frank Vogel le nouveau coach peut être rassuré de la prolongation du garçon originaire du Val-de-Marne. Sa marge de progression est encore grande, particulièrement en défensivement mais Evan Fournier apporte un équilibre ainsi que de la fiabilité indispensable au Magic pour tenter d'accrocher une place en playoff. Puis comme le conseil B.2.O.B.A : il faut toujours un "numéro 10" dans une team.

 

  • Victor Oladipo

 

Cet été l'ancien joueur de l'université d'Indiana a été transferé des Orlando Magic vers le Thunder d'Oklahoma City. Il sera sous les ordres d'un ancien coach universitaire, Billy Donovan qui aura pour objectif d'exploiter tout le potentiel de cette pépite. Pourtant le second choix de la draft 2013 a connu trois saisons solides à Orlando. En carrière, Oladipo c'est 16 points par match, 4,5 rebonds et 4 passes par rencontres. Ce qui est tout à fait honorable. Cependant, Victor Oladipo n'a jamais réussi à trouver sa place dans l'effectif des Magic. Son problème relationnel avec Scott Brooks durant sa troisième saison a retardé son éclosion. Son temps de jeu diminue, son rôle dans l'équipe est imprécis, ses statistiques diminuent. Il commence majoritairement les rencontres sur le banc mais peut jouer l'intégralité d'une rencontre.

 

Son transfert vers Oklahoma peut le relancer. En quittant une équipe de l'Est incapable de se qualifier les playoffs, Oladipo rejoint une équipe de l'Ouest beaucoup plus compétitive. Le départ de Kevin Durant est une opportunité pour le néo joueur du Thunder de pouvoir s'exprimer sur le parquet. Son association avec Russell Westbrook fait déjà saliver. Défensivement ce backcourt sera tout simplement l'un des meilleurs en NBA et aussi l'un des plus athlétiques. Le style de jeu prôné par coach Donovan, tout en vitesse et en prise de risque, colle parfaitement à Oladipo. 

 

Ce nouveau environnement dans la franchise du Thunder éclaircit l'horizon de ce joueur de 24 ans où il pourra s'améliorer au contact d'un Russell Westbrook toujours impressionnant.

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