Saison 2016-17 : Les vieux records tombent, la NBA moderne murit !

Une autre saison NBA s'achève. Avec son lot représentants toujours plus performants et irrespectueux envers les cercles. InsideBasket vous propose un petit tour d'horizon des faits marquants de ces 5 premiers mois de compétition... alors que le meilleur reste à venir.

259 753 points inscrits en 2460 matchs, soit une moyenne de 105.6 unités de moyenne pour chacune des 30 franchises NBA. Une première depuis la saison 1990-1991, synonyme déclin du basket showtime prôné par les Lakers de Magic Johnson. C'est aussi une augmentation de quasiment 10 points en 5 ans. La NBA opère un changement de route caractérisé par la reprise de flambeau d'Adam Silver après 20 ans de bons et loyaux services de David Stern. L'homme qui a démocratisé le basket US aux yeux du monde pendant les 90's laisse donc un héritage colossal à son fidèle député le 1er février 2014. Depuis, force est de constater que le crâne chauve et le sourire vendeur de Silver ont bien fait les choses. 

 

Ses décisions ont été facilité pour les performances sur les parquets, faisant passé un tir à 10 mètres contesté et un triple-double en 30-10-10 pour quelque chose de totalement normal. Si les avides de statistiques salivent devant Russell WestbrookJames Harden ou Giannis Antetokounmpo chaque nuit, tout le monde s'agenouillent devant la répétition de ces chiffres dans un jeu plus en plus athlétique. 

 

 

Nombreuses sont les tartines écrites sur LE phénomène de la saison. Mais comment passer à côté d'un monstre pareil ? 42 TD, 31.6 points, 10.7 rebonds, 10.4 passes de moyenne. L'animal, d'un point de vue individuel, fait l'unanimité. Collectivement, bien qu'en dessous de la norme "MVP" avec 47 wins pour OKC et une 6ème place à l'Ouest, Russ Wess prouve qu'il ne joue pas seulement pour les stats. 32 de ses 42 coups de chaud ont été décisifs pour sa franchise. Le dernier en date, au Pepsi Center de Denver, avec la victoire arrachée au buzzer, s'écrit pour la postérité. Si l'on étend le phénomène à toute la Ligue, le triple-double est la nouvelle norme pour chaque joueur qui se respecte. Le caractère extraordinaire s'est estompé. On en compte 102 pour l'exercice 2016-2017, 24 de plus que le précédant record datant de 1988-1989, de quoi poser de très solides bases pour l'avenir. Il faut donc s'attendre à une valorisation constante de cette tendance. Les pivots sont capables de passer et monter la balle comme Magic et les meneurs/arrières peuvent gober des rebonds comme Shaq... Bref, show must go on

 

 

6 mars 2017. AT&T Center de San Antonio, 39.7 secondes à jouer entre les Spurs et les Rockets, 108-107 pour l'équipe du Barbu. Les 20 secondes suivantes démontrent toute l'étendue du talent de Kawhi Leornard... Un triple en sorti d'écran, contesté par Nêne, un contre venu d'ailleurs sur James Harden et enfin un rebond lucide. Les hommes de Mike D'Antoni passent de vainqueurs potentiels d'une grosse affiche à victimes d'un des plus gros talents cachés de la NBA. Leonard a été couvé par les Spurs depuis sa draft, en 2011, par les Pacers et son transfert immédiat dans le Texas. En 6 ans, le garçon a appris, patienté et enfin explosé depuis la retraite de Tim Duncan. Sa prestation ce soir-là, dans son jardin, n'annonce que le début du renouveau réussi de San Antonio, une formation au service d'un vrai franchise player, puissant, adroit et indiscutable leader collectif. 

On vous laisse apprécier ses qualités, résumées en 20 secondes, garanties sans montage. 

 

 

 

 

Joel Embiid

 

Rares sont les premières années à avoir susciter autant d'intérêt. Alors certes, Jojo est vrai-faux rookie, drafté en 2014, absent durant deux saisons à cause d'un pied trop fragile pour fouler les planchers NBA. Mais son charisme naturel, son physique de bufle construit à l'ombre des salles de muscu et sa technique peaufinée avec les plus grands laissaient présager le meilleur pour le camerounais de 23 ans. Et force de constater que le colosse à littéralement retourner la NBA. 20.2 points, 7.5 rebonds et 2.5 contres en seulement 25 minutes de jeu, voilà ce que vaut Embiid pour ses premiers pas au très haut niveau. Effrayant quand on sait que la pratique créée par le Docteur James Naismith lui était inconnue 8 ans auparavant. Seul bémol à sa saison ahurrissante, ses 51 matchs manqués. Trop pour lui laisser le titre de Rookie Of The Year, mais rassurant sur le long terme. Les dirigeants de Philly ne brusquent pas en effet le retour de leur homme fort au risque de créer un nouveau Greg Oden. Le pivot nouvelle génération des Sixers a tout de même eu le temps d'initier un mouvement de suppression de la timidité chez les rookies. Son coéquipier Dario Saric est le favori pour le remplacer à la course au ROY, Timothé Luwawu-Cabarrot s'est aussi montré à son avantage avec 9 de ses 10 derniers matchs à 12 points ou plus (perf' à 24 unités face à Indiana) pour 31 minutes de jeu en moyenne. 

Un autre rookie s'est signalé, du côté du Wisconsin. Malcom Brogdon, un triple-double pour sa deuxième titularisation, une place de titulaire glanée au talent, est fort d'une décomplexion à couper le souffle. Il participera surtout au premier tour des play-offs, face aux Raptors, dans la peau d'un élément important du collectif depuis la blessure de Jabari Parker

 

 

 

Même si Westbrook, Harden ou même Antetokounmpo trustent les lignes statisiques, Steph Curry reste bien le joueur intouchable et indéfendable qu'il était la saison dernière. Son rôle est moins voyant, un poil moins percutant mais tellement important. Le double MVP ne prend que deux tirs de moins en moyenne pour une baisse générale de 4%. Pas de quoi critiquer, d'autant plus que le pyromane a mis le feu, une nouvelle fois, à toute la Baie d'Oakland. Le 7 novembre dernier, face aux Pelicans, Chef Curry efface des tablettes Kobe Bryant et ses 12 bombes, record co-détenu avec le meneur des Warriors et Donyell Marshall depuis plus de 10 ans. Curry plante 13 flèches, sur 17 tentatives. Le bougre récidivera le 1er février avec 11 tirs longues distances sur 15 tentatives face à Charlotte. Don't worry, l'artificier le plus dingue de la NBA sévit toujours. 

Les Warriors ont eux parfaitement géré l'insertion de Kevin Durant. Au sein d'un collectif déjà très bien huilé, intégrer une superstar aussi imposante que KD n'était pas une mince affaire. Mais Steve Kerr et son staff a fait le nécessaire pour faire de l'ancienne menace du Thunder, sa menace numéro 1. Résultat, 25.1 points, 8.4 rebonds et 4.8 passes sur la saison et une dernière sortie à 29 pions à 70% de réussite contre les Lakers pour l'ultime match de la saison régulière. Tout cela donne 67 victoires pour 15 défaites et la première place de la Ligue conservée. La domination collective un peu moins marquée que l'année précédente a poussé les médias à désigner les Cavs, les Celtics et même les Spurs comme adversaires très sérieux. Les projecteurs sont donc davantage parsemenés sur le territoire plutôt que centrés sur San Francisco. Une tendance qui pourrait rendre encore plus dangereux les champions 2015.

 

Cette saison s'inscrit en or massif dans le grand livre de la NBA. L'épopée solitaire de Russell Westbook, le Process de Joel Embiid, la remontée fantastique mais malheureuse du Heat, la révolution de James Harden et de ses Rockets, la liste des faits marquants de cette saison est très longue. Ben SimmonsMarkelle FultzLonzo Ball vont montrer leur talent l'année prochaine. De quoi sourire et ne pas avoir d'appréhensions quant à la suite des hostilités.

 

En attendant, vous pourrez la suite de cette saison folle avec nous. L'intégralité des play-offs, c'est sur InsideBasket.